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28.03.2016 - Petite mise à jour

Quelques nouvelles

tags: actus

30.03.2014 - Des nouvelles
Une légère actualisation de mon travail sur la suite d'Agent des Ordres et quelques notes de lecture.
tags: actus, lectures

10.09.2013 - Lectures récentes et un merci!

Cela fait maintenant quelques semaines que je n'ai rien posté, le retour au travail s'étant révélé assez prenant.

Je souhaitais néanmoins faire une recommandation, dire merci et évoquer quelques notes de lecture.

tags: actus, news, Michel Pagel

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02.03.2013

Critique de livre : d'une guerre à l'autre


Critique et commentaire du livre D'une guerre à l'autre, De la Côte d'Ivoire à l'Afghanistan avec le 2ème RIMa, écrit par le sergent Yohann Douady, publié par Nimrod.

Cette semaine, je vais m’essayer à un exercice de critique littéraire. Non que je veuille critiquer les mérites d’un auteur d’un point de vue stylistique, il s’agit simplement pour moi de parler d’un livre que j’ai apprécié et de le dire.

Je vais peut-être étonner, mais je ne vais pas parler d’un livre de fiction, je vais évoquer une biographie, un témoignage.

Je lis et j’écris ce que nos amis anglo-saxons aiment à appeler de la SF militaire (même si j’ai d’autres projets d’écriture), et aujourd’hui je vais mettre en avant l’aspect militaire plutôt que l’aspect SF.

Ce livre a été écrit par un sous-officier de l’Armée de Terre française. Son titre « D’une guerre à l’autre », son sous-titre « De la Côte d’Ivoire à l’Afghanistan avec le 2ème RIMa ». Son auteur, le sergent Yohan Douady, son éditeur, Nimrod.

Je ne vais pas vous résumer le livre, ni faire une fiche de lecture, plutôt livrer mes impressions. J’ai beaucoup aimé ce livre, car c’est l’histoire d’une vie, d’un engagement. Le Sergent Douady aime son métier, le fait bien (je crois que s’il était un mauvais élément, le colonel commandant le 2ème RIMa n’aurait pas écrit la préface du livre) et son récit, loin de décrire la vie d’un Rambo, décrit un quotidien fait de moments d’ennui profond, mais aussi de stress intense. Cela ne fait que confirmer le proverbe qui dit que « la guerre, c’est 99% d’ennui et 1% de terreur ».

Le Sergent Douady sait parfaitement restituer la routine de la vie sur une base militaire mais aussi la dureté de la vie en opération, la fatigue, la crasse, le stress, les nerfs. Il réussit, avec des mots simples, à nous faire toucher la dureté –mais aussi la noblesse – du métier des armes.

Au départ, le sergent Douady voulait uniquement écrire sur son temps en Afghanistan mais au final, il nous livre un témoignage plus large qui nous permet de vivre plusieurs théâtres d’opération extérieure de l’armée française, chacun avec ses spécificités : la Côte d’Ivoire, le Kosovo et l’Afghanistan. Chacun de ces engagements porte ses spécificités, mais tous requièrent un grand sang-froid. Les pages sur la Côte d’Ivoire, en particulier, font froid dans le dos et la critique du traitement des soldats français par les médias à l’époque apparait justifiée. Bizarrement, les nombreux cas de viol, de pillage ou de tabassage en règle n’ont pas eu les honneurs de la presse. La retenue de nos soldats et leur sens de la discipline force le respect. Néanmoins, tant au Kosovo qu’en Côte d’Ivoire, on se trouve plus en maintien de la paix qu’en guerre, les combats en Côte d’Ivoire ayant été somme toute très limités. L’Afghanistan, en revanche, nous plonge dans le bain d’une guerre contre-insurrectionnelle contre un ennemi organisé, déterminé et fanatique. Les multiples patrouilles, les nuits sans sommeil (laissez-vous déposer sur un sommet afghan vers minuit et restez sans bouger jusqu’au lever du soleil, pour ne pas vous faire repérer si d’aventure l’ennemi surveille le coin), le stress permanent, les rares moments de détente sont parfaitement racontés, expliqués et sentent le vécu. De même, avec pudeur et franchise, la mort, la blessure des camarades est évoquée, sans chercher à forcer la sympathie, juste en expliquant les faits. Les réactions émotionnelles à la perte des camarades sont décrites sans pathos mais aussi sans prendre de gants,.

Bien sûr, ce livre a été adapté et le sergent Douady n’était pas seul dans son projet (le livre est écrit en collaboration avec Franck Mirmont et adapté par Véronique Duthille). Néanmoins, et quelle que soit la réécriture, la matière première vient des carnets de note de l’auteur. Cet ouvrage sent le vécu et force le respect.

Chaudement recommandé. À ranger dans la même catégorie que Jarhead, d’Anthony Swofford.

tags: critique, autobiographie, lecture